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Saut d'index : un vol sur le pouvoir d’achat

15/06/2022 | FR / NL

Après la FEB, les partis de droite du gouvernement, c’est au tour du Voka (organisation patronale flamande) d’à nouveau remettre en cause l’indexation des salaires. Cette fois, la formule magique préconisée est : un saut d'index. Ils prônent un saut de 3% et proposent à la place une prime nette de € 500. Bonne ou mauvaise idée ? Cela peut sembler positif, mais c'est une mauvaise idée qui coûtera beaucoup d'argent à tout le monde et qui aura des conséquences durant  toute la carrière !

L’indexation automatique garantit le pouvoir d'achat de chacun : travailleurs, bénéficiaires d’une allocation sociale, petits ou gros salaires. Les prix dans les magasins augmentent ? Le montant de notre salaire ou de notre allocation augmentera également. C’est juste un moyen de corriger l'inflation a posteriori. Il ne s'agit donc pas d'une augmentation de salaire et certainement pas d'un cadeau de votre employeur. Ce sont les syndicats qui se sont battus pour ce système et qui continueront à le faire. C’est un rattrapage partiel de votre pouvoir d’achat puisque l’index est un index santé. Certains produits comme notamment les carburants ou le tabac ne sont pas pris en considération pour calculer l’indexation et donc le rattrapage salarial. 

Pour rappel, l’indexation des salaires, c’est aussi ce qui permet à la sécurité sociale d’être financée : quand votre salaire brut augmente, les cotisations ONSS augmentent et donc la sécu se voit financée plus, ce qui permet là aussi de mieux suivre l’inflation. 

On entend souvent dire « Les salaires plus élevés bénéficient d’une augmentation plus grande, est-ce bien nécessaire ? ». OUI puisque la sécu a besoin de moyens financiers eux aussi indexés, l’indexation des plus hauts salaires reste donc indispensable.  C'est important car tout le monde a recours à cette sécurité sociale à un moment ou à un autre. C'est ainsi que nous payons les pensions, les allocations en cas de maladie, les allocations familiales... mais aussi les soins de santé. C'est grâce à la sécurité sociale que nous payons seulement € 4 chez le médecin. 

L’indexation permet donc également que le financement de la sécurité sociale augmente, ce qui est bénéfique pour tout le monde. Si la source se tarit à défaut d’être indexée, les dépenses (en ce compris les allocations) seront aussi moindres. En d'autres termes, nous ne pouvons pas nous permettre un saut d'index. Cela nous appauvrirait tous. 

Une personne gagne € 3.000 bruts. Un saut d'index de 3% représente € 90 par mois ou € 1.252,8 en un an (prime de fin d’année et pécule de vacances compris). 

Avec une inflation de 2% par an et en supposant que cette personne a encore 30 ans à travailler, la perte s'élève à  € 62.302 bruts sur  toute sa carrière. À la place, cette personne a reçu € 500 nets... 

C'est en outre près de € 85.000 de perte de revenus pour la sécurité sociale et des recettes fiscales en moins. On peut être sûr que cette perte devra être compensée d'une manière ou d'une autre. 

 
€ 1252,8 bruts 

 

€ 500 (prime unique)

€ 62302 bruts€ 85.000

 

€ 500 (prime unique 2022) 

Pour rappel : le gouvernement Michel a effectué un saut d’index de 2%. L’ensemble des travailleurs ont déjà perdu des milliers d’euros  

Une autre raison pour laquelle nous descendons dans la rue le 20 juin ! 

Nous ne pouvons pas nous passer de l'indexation automatique. Elle garantit le maintien du pouvoir d’achat et la paix sociale. Vous pouvez compter sur nous pour continuer à défendre ce système.